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Le
22 Mai 2001, la nouvelle majorité municipale a fait voter en conseil
public l'arrêt de la procédure de mise en révision
du Plan d'Occupation des Sols (P.O.S.) de la ville de La Queue-en-Brie
et l'abandon du projet, ainsi que - conformément à la loi
n°2000-1208 du 13 décembre 2000 relative à la Solidarité
et au Renouvellement Urbain, dite «loi GAYSSOT» - le lancement
de l'élaboration d'un Plan Local d'Urbanisme (P.L.U.).
Cette
décision marque la fin des péripéties d'une procédure,
qui dure maintenant depuis six ans et qui, pour beaucoup de Caudaciens,
est restée très nébuleuse dans son déroulement.
Ainsi, avant de reprendre la chronologie de cette révision du P.O.S.,
il semble nécessaire d'en rappeler le déroulement prévu
par le législateur.
On
peut schématiser la procédure de révision d'un Plan
d'Occupation des Sols, régie par les articles L-121-1 à
L121-12 et R123-1 à R123-36 du Code de l'Urbanisme, en quatre étapes
principales :
-
Première étape - La mise en révision : le
Conseil Municipal vote la mise en révision du Plan d'Occupation
des Sols de la commune et, engage la procédure d'élaboration
du projet et de concertation avec la population ; le Maire
définit alors la liste des partenaires associés
à l'élaboration de ce projet. Dans les faits, les services
techniques municipaux ou un cabinet spécialisé sont chargés
par le Maire d'élaborer un projet de P.O.S. qui doit - en principe
- tenir compte de l'avis donné par la commission municipale en
charge du P.O.S. ainsi que par les différents services de l'Etat
et les partenaires associés qui doivent être consultés
à ce sujet.
-
Deuxième étape - La concertation : le maire soumet
son avant-projet à la population dans le cadre d'un certain nombre
de réunions publiques, qui doivent faire l'objet d'une large
publicité sur la ville. Les habitants peuvent donc déjà
s'informer et s'exprimer sur le contenu du projet. Mais attention !
Tous les avis donnés, pétitions émises, cahiers
de doléances signés, etc..., à ce niveau de la
procédure n'ont aucune valeur juridique, et n'équivalent
en rien à ceux consignés sur les registres par le commissaire
enquêteur lors de l'enquête publique. Ils ne
servent éventuellement qu'à la majorité municipale
qui, si elle en tient compte, les incorporera dans le projet final.
-
Troisième étape - L'arrêt du projet : à
l'issue de la concertation publique, le conseil municipal arrête
le projet de P.O.S. (au sens administratif du terme : c'est-à-dire
qu'il donne son accord pour le projet en l'état) et vote le principe
de sa mise à l'enquête publique. Le maire transmet
alors le projet de P.O.S. à chacun des partenaires associés
afin qu'ils rendent leur avis, sous un délai de trois mois, sur
ce projet réputé définitif. A expiration de ce
délai, l'ensemble des avis recueillis est consigné dans
un document qui doit être annexé au projet. Le maire peut
ensuite demander au Préfet du Département de nommer un
commissaire enquêteur, et définir les dates de l'enquête
publique.
-
Quatrième et dernière étape - L'enquête publique
: l'annonce et le déroulement de l'enquête publique
doivent faire l'objet d'une information très large de la
population, conformément aux prescriptions définies par
le Code de l'Urbanime. Il est donc retenu un ensemble de journées
durant lesquelles le commissaire enquêteur - qui a en étude
l'ensemble du dossier du projet de P.O.S. - reçoit la population,
qui peut à ce moment-là seulement consulter le projet
de P.O.S. arrêté et faire part de son avis au commissaire
enquêteur (il est à préciser que l'intérêt
collectif prime toujours sur l'intérêt particulier, même
si le particulier peut faire la preuve de préjudices graves à
son encontre, tout au plus il recevra des indemnités). A la clôture
de l'enquête publique, le commissaire enquêteur a un mois
pour rendre son avis. Lorsque l'avis est rendu, le conseil municipal
vote le nouveau Plan d'Occupation des Sols et son application à
partir de la date de la délibération : le nouveau P.O.S.
devient donc théoriquement applicable. Il reste cependant
encore deux mois pendant lesquels les services de l'Etat, les institutionnels,
les associations, ou des particuliers, peuvent déposer un recours
motivé en annulation du P.O.S. voté. C'est seulement à
la fin de la période de recours (si aucun recours n'a été
déposé) ou après la fin de la procédure
juridique (si un ou plusieurs recours suspensifs ont été
déposés), que le nouveau P.O.S. est réellement
applicable. Seules des décisions d'urbanisme vitales ou impératives
pour le devenir de la ville peuvent être prises dans le cadre
du nouveau P.O.S. durant les délais de procédure précités.
Dans
le cas de la révision du P.O.S. de La Queue-en-Brie, la procédure
vient d'être annulée à la fin de la troisième
étape, après que les partenaires associés aient donné
leur avis.
Chronologie
d'une "tentative d'escroquerie" avortée
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En
Mars 1995
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Dans
sa séance du 9 mars, le Conseil Municipal d'alors - présidé
par le maire Roger Fontanille - approuvait, dans sa majorité,
le nouveau Plan d'Occupation des Sols, suite à l'enquête
publique et à l'avis favorable rendu par le commissaire
enquêteur. C'était donc ce nouveau P.O.S. qui devenait
- en théorie - applicable.
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Carte
générale du Plan d'Occupation des Sols de 1995
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En
Juin 1995
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Les
élections municipales voyaient l'arrivée d'une nouvelle
majorité municipale conduite par monsieur Jacques Aubry,
le maire nouvellement élu.
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En
Juillet 1995
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Le
nouveau maire faisait voter par le nouveau conseil municipal, dans
sa séance du 13 juillet, l'annulation du P.O.S. - approuvé
au mois de mars par la précédente municipalité
- et qui faisait l'objet de recours en annulation.
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Pour
faire suite au vote du mois de juillet, dans sa séance
du 24 octobre, le nouveau conseil municipal votait le lancement
de la procédure de mise en révision du P.O.S..
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En
février 1996
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Dans
le cadre de ses publications internes, Essor Caudacien informait
ses membres et sympathisants de la teneur du nouveau projet de P.O.S.
(qui venait d'être affiché en mairie), à savoir
: espaces verts - jusque-là protégés - rendus
urbanisables, terrains dangereux - jusque-là inconstructibles
- rendus constructibles, etc.... De même, l'association les
mettait en garde contre les projets d'urbanisation inavoués
que permettait le nouveau zonage donné à la commune.
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Projet
de Plan d'Occupation des Sols de 1996
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Ce
que permettait le nouveau zonage !
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En
Mai 1996
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Essor
Caudacien lançait une campagne de sensibilisation des responsables
de l'Etat et de l'Administration sur l'important patrimoine historique
de la ville de La Queue-en-Brie, en les informant de la politique
de destruction de ce dernier engagée par le maire et son
conseil. En effet, le maire venait de faire abattre en toute illégalité
la première des deux maisons de l'ancien domaine d'Henri
Rouart (mécène des Impressionnistes et ami d'Edgar
Degas) et qui était devenue propriété communale
en 1988. Il prévoyait dans son projet de P.O.S. d'y construire
un ensemble d'immeubles H.L.M..
C'est
aussi ce même mois que le conseil municipal autorisait la
vente du terrain dit "des Violettes" (alors classé
en zone UN) à la société Féréal
pour y construire un lotissement pavillonnaire.
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En
Octobre 1996
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Le
18 octobre, la Direction Régionale pour la Conservation du
Patrimoine informait Essor Caudacien qu'elle transmettait à
l'inspecteur des sites concerné une demande de protection
au
titre des sites du
parc de l'ancienne propriété d'Henri Rouart, afin
que ce parc historique soit préservé de la destruction.
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En
Décembre 1996
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Après
une concertation sommaire au sein des habitants de La Queue-en-Brie,
le conseil municipal votait dans sa séance du 10 décembre,
la fin de la concertation publique et l'arrêt du projet
de P.O.S., ainsi que sa mise à l'enquête publique.
Le
19 décembre, suite aux actions menées par Essor
Caudacien, l'église Saint-Nicolas du Village était
inscrite en totalité à l'Inventaire Supplémentaire
des Monuments Historiques.
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Du
18 janvier 1997 au 26 février 1997
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L'enquête
publique sur le P.O.S. se déroulait. Comme elle l'avait fait
auprès des responsables de l'Etat et de l'Administration,
Essor Caudacien informa le commissaire enquêteur nommé
de ses travaux et de ses actions concernant la sauvegarde du patrimoine
local.
Il
est à noter que parallèlement à cette enquête
publique, se déroulait celle sur l'agrandissement de la Z.A.C.
de La Pierre-Lay (du 22 janvier 1997 au 1er mars 1997).
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En
Avril 1997
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Le
commissaire enquêteur rendait un avis favorable sur le P.O.S..
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En
Juin 1997
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Dans
sa séance du 5 juin, le conseil municipal approuvait le projet
de P.O.S., après l'enquête publique et l'avis favorable
du commissaire enquêteur.
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En
Juillet 1997
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Le
maire accordait un premier permis de construire le terrain dit "des
Violettes" à la société Féréal. |
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En
Août 1997
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L'Association
C.E.D.R.E. (Association Comité Ecologique de Défense
de l'Environnement) déposait le 5 Août auprès
du Tribunal Administratif, un recours en annulation de la délibération
du 5 juin 1997 du conseil municipal. Ce recours était motivé
par le non-respect des délais imposés par le Code
de l'Urbanisme sur la publication des avis d'enquête publique.
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En
Avril 1998
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Depuis
avril 1998, les recherches historiques et archéologiques effectuées
par les membres d'ESSOR CAUDACIEN sont rattachées à
celles de la Fondation du Patrimoine, Institution de l'Etat. |
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En
Mai 1998
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Suite
aux actions menées par Essor Caudacien, la ferme de l'Hermitage,
et les restes du château, étaient inscrits à l'inventaire
supplémentaire des Monuments Historiques en date du 19 mai. |
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En
Décembre 1998
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Le
8 décembre, le maire accordait à la société
Féréal, un second permis de construire le terrain
dit "des Violettes".
Dans
son audience du 17 décembre, et pour faire suite à
l'audience du 3 décembre précédent, le Tribunal
Administratif annulait la délibération du conseil
municipal Caudacien en date du 5 juin 1997, confirmant le non-respect
des délais imposés par le Code de l'Urbanisme sur
la publication des avis d'enquête publique, et jugeant que
"l'incomplétude du rapport du commissaire enquêteur
au regard des exigences posées par la réglementation
présentait le caractère d'un vice substantiel".
Le
P.O.S. de 1996 était donc annulé, et c'est celui de
1995 qui redevenait applicable, bien que lui-même toujours
sous l'objet de recours déposés par la même
association (qui par la suite les retira à la demande du
maire).
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En
Février 1999
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Dans
sa séance du 25 février, le conseil municipal votait
une nouvelle mise en révision du P.O.S. ; le dossier d'élaboration
de ce projet étant confié au cabinet d'urbanisme Farhi.
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En
Juin 1999
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Dans
le cadre de la concertation publique, le 11 juin, le maire invitait
dans le hall de l'Hôtel-de-Ville les responsables des associations
de la ville (dont Essor Caudacien) à venir assister à
la présentation du nouveau projet de P.O.S. par le cabinet
Farhi. Ce projet, qui reprenait celui annulé par le Tribunal
Administratif (urbanisation d'espaces verts jusque-là protégés,
maillage de voiries provocant l'éclatement de la ville par
différents axes à forte circulation, etc...), fut
refusé en masse et violemment par les représentants
des associations présentes. Le 18 juin suivant, c'est l'ensemble
de la population qui était convié à la même
réunion, et qui confirmait l'avis rendu par les associations.
Le maire renouvelait alors les engagements moraux pris lors de la
réunion précédente, c'est-à-dire à
intégrer les refus des habitants, à abandonner ses
projet de voiries, et à réunir de nouveau la population.
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En
Juillet 1999
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Le
13 juillet, le journal officiel de la République Française
publiait la loi n°99-586 du 12 juillet 1999 relative au renforcement
et à la simplification de la coopération intercommunale,
qui régit entre-autres les communautés d'agglomération.
Cette loi (voir
article à ce sujet à la rubrique "Economie"),
pour les communes regroupées au sein d'une communauté
d'agglomération, leur retire notamment leur souveraineté
en matière d'urbanisme au profit de l'ensemble de la communauté
d'agglomération. |
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En
Septembre 1999
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Dans
sa séance du 23 septembre, le conseil municipal votait un avis
favorable à la création de la communauté d'agglomération
du Haut-Val-de-Marne. |
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En
Novembre 1999
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Le
19 novembre, le maire réunissait à nouveau dans le hall
de l'hôtel-de-ville la population caudacienne afin de lui présenter
le même projet qu'au mois de juin précédent. Les
plus de 350 habitants présents lui renouvelaient alors violemment
leur désapprobation sur le projet présenté. Le
maire levait la séance en promettant un nouveau projet et une
nouvelle réunion de concertation. |
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En
Décembre 1999
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Dans
sa séance du 16 décembre, le conseil municipal votait
pour la création de la
communauté d'agglomération du Haut-Val-de-Marne.
Le
28 décembre, le préfet du Val-de-Marne (département
pilote pour la création des nouvelles communautés
d'agglomération) signait l'arrêté de création
de la communauté d'agglomération du Haut-Val-de-Marne
regroupant les communes de : Sucy-en-Brie, Le Plessis-Trévise,
La Queue-en-Brie, Noiseau, Ormesson-sur-Marne, Boissy-Saint-Léger,
et Chennevières-sur-Marne (qui s'était prononcée
contre cette création et allait engager les recours en annulation
de l'arrêté préfectoral).
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En
Janvier 2000
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Dans
sa séance du 6 janvier, soit 12 jours après que la très
violente tempête se soit abattue sur la France et notamment
sur La Queue-en-Brie, le conseil municipal arrêtait - au sens
administratif du terme - le projet de P.O.S. ; la concertation publique
était donc terminée, sans que les Caudaciens n'en aient
été informés. |
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En
Mai 2000
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L'avis
des partenaires associés était annexé au projet
de P.O.S.. Suite à certains avis très défavorables
rendus par les partenaires associés sollicités, le maire
était obligé de modifier son projet, sans que la population
n'en ait été informée. |
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En
Septembre 2000
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Suite
aux actions menées par Essor Caudacien, les restes de la Tour,
et les parcelles attenantes, étaient inscrits à l'inventaire
supplémentaire des Monuments Historiques en date du 26 septembre. |
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En
Novembre 2000
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Dans
sa séance du
30 novembre 2000, le
conseil municipal votait, à la demande de la Direction Régionale
de la Conservation du Patrimoine, son acceptation pour que les restes
de la Tour fassent
l'objet d'une demande de classement au titre des Monuments Historiques.
A
cette même séance, le conseil municipal arrêtait
- au sens administratif - le projet modifié de P.O.S..
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Carte
générale du Projet de Plan d'Occupation des Sols de
2000
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En
Mars 2001
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Les
élections municipales voyaient l'arrivée d'une nouvelle
majorité municipale conduite par monsieur Jean-Jacques
Darves, le maire nouvellement élu, qui était conseiller
municipal d'opposition dans la précédente assemblée
municipale.
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En
Avril 2001
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Le
5 avril, Essor Caudacien remettait au maire et aux services concernés
de l'Etat un avis défavorable sur le projet de P.O.S.
(voir
à "Urbanisme" : P.O.S. Démenti et mise au
point - Avis sur le P.O.S.). |
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En
Mai 2001
|
Dans
sa séance du 22 mai, le nouveau conseil municipal annulait
la mise en révision du P.O.S. et prescrivait l'élaboration
du P.L.U. (Plan Local d'Urbanisme).
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Affaire
à suivre ...!
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