Création d'une Communauté d'agglomération
Où La Queue-en-Brie perd son autonomie...
...Et les Caudaciens leurs droits de Citoyens !
(extrait du bulletin n°4 - Mars 2000)
|
Dans sa 49ème
"transparence" le Maire expose en cinq points les avantages
de la communauté d'agglomération dans laquelle il a entraîné
notre ville. Et, bien entendu, cet exposé ne donne qu'une vision
positive de ce niveau supplémentaire du découpage administratif
où, comme on le constate à la lecture des textes de loi,
les décideurs n'engagent pas leur responsabilité personnelle
!... Ce que dit la loi La loi n° 99-586 du 12 juillet 1999 donne une nouvelle écriture et un tout autre sens aux articles des chapitres IV, V et VI du Titre Premier du Livre Deuxième de la cinquième partie du Code Général des Collectivités Territoriales ainsi qu'aux autres articles qui s'y réfèrent.
Monsieur le Maire, Lorsque vous nous écrivez que, pour les communes de la communauté, la Dotation Globale de Fonctionnement (DGF) sera augmentée de 250,00 F par habitant, c'est faux !... Relisez-donc l'article 105 de la loi !
Pas de subventions supplémentaires pour la commune Il faut comprendre que pour les communes qui se regrouperont en communautés d'agglomération avant le 1er janvier 2005, l'Etat versera à ces communautés, et non aux communes qui les constituent, une DGF de 250,00 F par habitant (en valeur au 1er janvier 2000) au lieu et place des dotations versées jusque-là aux syndicats intercommunaux auxquels se substituent les communautés ; soit quelques francs de plus que ce qui est actuellement versé auxdits syndicats au titre de notre commune. Un simple calcul mental vous aurait évité cette confusion : à supposer que cette loi fût bonne, et que l'ensemble des communes françaises y adhèrent, c'est quelques 15 milliards de francs supplémentaires de DGF que l'Etat devrait verser aux communautés !...
La fin des communes autonomes Lorsque vous
nous écrivez que la communauté d'agglomération n'est
pas le prélude à la disparition des communes, c'est encore
faux !... Les initiateurs de cette loi ne se sont jamais cachés de dire qu'elle s'inscrit directement dans les lois "Maastrichtiennes" qui cherchent à diviser, au moins par cinq, le nombre des communes françaises, afin de créer l'équivalent des "Länder" allemands ; à ceci près que nous n'avons pas la même Constitution que nos voisins d'Outre-Rhin !... Or, souvenez-vous, plusieurs de vos amis politiques parlementaires (de l'ex-CDS, actuel Force Démocrate) ont voté ces textes en pleine connaissance de cause !...
Perte de droits pour les communes Lorsque vous
énumérez en quelques courtes lignes les domaines de compétences
dévolus à la communauté d'agglomération, vous
omettez de dire que c'est une synthèse très allégée
d'une page complète du Journal Officiel qui, malheureusement, nous
donne bien d'autres détails autrement plus inquiétants. Tout d'abord, rappelons que l'article L5216-3 auquel vous faites référence définit la constitution du Conseil de la communauté d'agglomération, et non ses compétences ; il faut tourner la page et atteindre les articles L5216-5 à L5216-7 pour trouver ces compétences que la communauté d'agglomération "exerce de plein droit au lieu et place des communes membres", à savoir :
"La communauté d'agglomération doit en outre exercer au lieu et place des communes au moins trois compétences parmi les cinq suivantes" :
Nous avons tous noté que la communauté d'agglomération n'apportera rien aux Caudaciens en ce qui concerne la qualité et le prix de l'eau qui leur est distribuée !...
Par ailleurs, les articles L5216-6 et L5216-7 définissent comment la communauté d'agglomération se substitue de plein droit aux syndicats intercommunaux préexistants et qui se trouvent de fait dissous. Les taux d'imposition ne sont plus fixés par le Conseil Municipal Enfin, la communauté d'agglomération se substitue aux communes pour la fiscalité. C'est elle qui devient compétente pour l'établissement de la taxe professionnelle, de la taxe foncière, de la taxe d'habitation et de la taxe sur l'enlèvement des ordures ménagères (articles 83, 84, 86 et 87).
Impossible de sortir d'une Communauté d'agglomération Quant aux bruits que certains font courir concernant la possibilité de se retirer d'une communauté d'agglomération, ils sont faux !... La loi prévoit une révision des communautés constituées en 2005 puis, ensuite, tous les 12 ans !... De plus, pour qu'une commune se retire de la communauté, il faut non seulement que son Conseil Municipal le vote, mais que le Conseil de la communauté le vote aussi à la majorité qualifiée. Pour information, notre ville ne représente que 3 voix sur 21 et elle présente bien trop d'intérêts à l'urbanisation pour que les autres acceptent son retrait !...
Voilà comment un peu plus de 100 000 habitants se font déposséder de leurs droits et pouvoirs de Citoyens par 18 individus que la décence m'interdit de qualifier.
Il ne nous
reste plus qu'à espérer que l'action en annulation de la
communauté d'agglomération, que nos voisins de Chennevières
ont engagée auprès du Tribunal Administratif, aboutira.
Déjà le Tribunal a prononcé un "sursis à
exécution" qui interdit toute mise en oeuvre de la communauté,
c'est un premier pas vers la liberté retrouvée. A nous de les aider à empêcher ce "terrorisme intellectuel".
(*) indique les compétences communales transférées par notre ville à la communauté d'agglomération..
|
|
La Communauté d'Agglomération du Haut Val-de-Marne ; un an après, le bilan...
|
| Dans
notre bulletin de mars 2000, nous attirions donc l'attention des Caudaciens
(et des autres) sur la perte de souveraineté communale qu'entraînait
la création de la communauté d'agglomération dans laquelle
venait de nous faire entrer la majorité municipale de l'époque.
A cette époque, l'opposition locale (aujourd'hui à la tête de la commune) s'était prononcée "contre la communauté d'agglomération" dans les différents votes du Conseil. Il en était de même à Boissy-Saint-Léger, et le Conseil Municipal de Chennevières-sur-Marne avait déposé un recours en annulation de l'arrêté préfectoral de création de la "Communauté d'Agglomération du Haut Val-de-Marne", auprès du Tribunal Administratif, en contestant "la forme" dans laquelle ledit arrêté avait été pris. |
![]() |
|
Dans les semaines qui suivirent la publication de notre bulletin, les Caudaciens apprirent la naissance d'un "Collectif pour la Défense de la Démocratie Locale", collectif qui se transforma quelques mois plus tard en "Association pour la Défense de la Démocratie Locale".
De notre côté, dès la publication de notre bulletin, nous faisions parvenir un courrier d'accompagnement à Messieurs les Maires d'Ormesson-sur-Marne, de Boissy-Saint-Léger et de Chennevières-sur-Marne pour les informer de notre position concernant le texte de loi incriminé, et pour l'application duquel le Val-de-Marne avait été choisi comme "Département Pilote". Et nous alertions aussi plusieurs responsables politiques nationaux du résultat de nos analyses, conscients que beaucoup de Parlementaires n'avaient pas eu les moyens (en temps) d'analyser, dans le détail de ses répercussions, l'ensemble du texte de loi.
En juillet 2000, le Tribunal Administratif donna raison à la Ville de Chennevières et annula l'arrêté préfectoral de création de la "Communauté d'Agglomération du Haut Val-de-Marne". Mais, saisi uniquement sur "la forme", le Tribunal Administratif ne put statuer sur "le fond".
Au mois de septembre 2000, le Groupe R.P.R. au Conseil Général du Val-de-Marne faisait savoir, dans le bulletin du Conseil Général, son opposition aux communautés d'agglomération en dénonçant la perte de souveraineté des communes.
Nous n'attendions pas, du côté de la "Gauche" parlementaire qui est à l'origine de la présentation du texte de loi sur les communautés d'agglomération, qu'elle remette ce texte en cause, le modifie radicalement ou l'abroge.
La campagne
des Municipales de mars 2001 a permis de clarifier la situation en ce
qui concerne le fond de la pensée de certains protagonistes, et
ce qu'en pensent les électeurs.
Comme on le constate, les électeurs ont rejeté avec véhémence la communauté d'agglomération qu'on leur a imposée.
Une partie de ce qui se dit être "la Classe Politique" (tous partis politiques confondus) a tendance à oublier que depuis Jules Ferry (1832-1893) qui rendit obligatoire l'Instruction Publique, les Français ont appris à lire, à écrire et même à compter !
Plusieurs des responsables politiques dont nous avons attiré l'attention sur les aspects pernicieux de la loi de juillet 1999, concernant entre autres la refonte des communautés d'agglomération, nous ont expliqué que, en dehors de toute interprétation des textes en eux-mêmes, la notion de "communauté d'agglomération" avait été revue, non pas pour créer un échelon supplémentaire dans le découpage administratif de l'Etat, mais pour, en fait, remplacer les Cantons et les Conseils Généraux dont la notion devient obsolète (car créés en 1775) dans beaucoup d'endroits du fait de l'évolution de l'urbanisme et de la démographie. Cet aspect des choses mérite effectivement réflexion.
Nous rappellerons
cependant que les Conseillers Généraux sont démocratiquement
élus au suffrage universel direct à deux tours et que,
si la coutume s'est établie que les Maires des communes du Canton
se présentent à l'élection des Conseillers Généraux,
celle-ci reste cependant ouverte à toute personne éligible
habitant le Canton (et même le Département - ce qui est déjà
moins normal). Pour
une communauté d'agglomération, les Conseillers de la communauté
sont actuellement nommés par les Conseils Municipaux et sont évidemment
issus de leur majorité, ce qui n'a rien de démocratique
!...
Il est évident que s'il était décidé de supprimer les Conseils Généraux pour les remplacer par, dans l'esprit précité, des communautés d'agglomération, mais évidemment dans un cadre législatif différent de celui défini par la loi du 12 juillet 1999, il faudrait que le Conseil de Communauté soit élu au suffrage universel.
Comme on pourra le constater, si Essor Caudacien apporte un oeil très critique sur certains problèmes, nous proposons des solutions de rechange. Contrairement à d'autres, notre but n'est pas de casser pour le plaisir.
|
|
Constitution du Conseil de la Communauté d'Agglomération du Haut Val-de-Marne, et ce qu'il coûte mensuellement à ses contribuables.
Ces chiffres sont donnés en valeur brute et en maximum autorisé par la loi, conformément aux informations disponibles données par l'INSEE, le Ministère de l'Intérieur, et le Sénat, et mis à jour à la date du 1er Mai 2001. Concernant les fonctions parlementaires de Sénateur et Député, le plafond des indemnités versées, tous mandats confondus, ne peut excéder 50 209,00 F. Au delà de ce montant, les sommes supérieures peuvent être versées au profit de partis politiques ou de groupes spécifiques. A l'inverse, le Parlement met à la disposition de ses élus un certain nombre d'avantages (bureau individuel, secrétariat, courrier, téléphone, fax, internet, transport, etc..., et attachés parlementaires), de même que les groupes politiques prennent à leur charge les permanences et leur personnel. A vous de juger si, dans le cas qui nous concerne, les "salaires" précités sont justifiés ? Indépendemment des indemnités versées aux élus, n'oublions pas que les frais générés par la collectivité territoriale que constitue la communauté d'agglomération (frais de fonctionnements, salaires des personnels, loyer, frais de réception, etc...) sont à la charge unique des contribuables. |
|
|
|
Essor
Caudacien - © 2001 - Tous droits réservés. |
|
Nous
écrire à : Essor Caudacien - B.P. 4 - 94510 La Queue-en-Brie |
|
Courriel
: essor.caudacien@free.fr |