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Comme
nous vous l'indiquons dans l'article consacré à "l'avis
d'Essor Caudacien" - sur l'ultime version de "projet de révision
du P.O.S." de la ville présentée par l'ancien maire,
Jacques Aubry, et ses conseillers - qui est à l'origine de l'abandon
définitif de la révision du P.O.S., la séance
publique du conseil municipal tenue le 22 mai 2001 a successivement voté
l'abandon de la révision du P.O.S. et l'ouverture de la procédure
d'établissement d'un P.L.U..
Malgré
la présence d'une petite soixantaine de personnes dans le public,
dont plusieurs représentants d'associations (on votait aussi ce
soir là le montant des subventions municipales accordées
à certaines d'entre-elles !...), il est fortement regrettable
qu'aucune information détaillée, expliquant clairement pourquoi
cette décision du conseil et ce qu'est un P.L.U., n'ait été
largement diffusée aux Caudaciens par l'autorité municipale,
à croire que les nouveaux élus regrettent l'abandon de la
révision du P.O.S..
Mais
donnons la parole aux élus caudaciens en rappelant les dialogues
(résumés) entendus ce soir là par les quelques personnes
présentes.
Côté
Majorité (la Gauche plurielle) :
Le
maire, Jean-Jacques Darves, quelque peu perdu dans ses notes, donne
lecture des deux propositions de délibérations puis, devant
un hémicycle complètement hébété,
tente de justifier ces décisions en expliquant que la loi a changé,
que la révision en cours du P.O.S. n'est pas satisfaisante, que
du coup la municipalité doit présenter un P.L.U. et, à
bout d'arguments, passe la balle (pardon, la parole) à son coéquipier
chargé de l'urbanisme, Monsieur Tournier.
L'ensemble des conseillers est comme pétrifié, tétanisé,
comme si la nouvelle d'une terrible catastrophe venait de leur être
annoncée, comme si chacun d'entre-eux venait de perdre un peu
de lui-même. Un silence pesant s'est établi dans la salle.
Après quelques essais infructueux de microphone, Monsieur Tournier
prend alors la parole d'une voix mal assurée, mais le silence
est tel que tout le monde arrive à l'entendre. Il explique que
la révision d'un P.O.S. se fait en plusieurs phases, que le projet
de ses prédécesseurs arrivait en phase terminale et que
ce projet vient d'achopper juste avant la fin. Il indique alors que
dans le cadre de l'application de la loi dite S.R.U. concernant le renouvellement
urbain, la municipalité doit présenter un P.L.U., ou Plan
Local d'Urbanisme, pour la fin de l'année et que, depuis quelques
jours, des réunions de concertation sont engagées avec
les services compétents de la préfecture.
Côté
Opposition (Centre sortant et sorti en 2001) :
C'est
l'opposition qui rompt le silence en la personne de Monsieur Andréa
(ancien maire adjoint aux affaires scolaires) qui met en doute les propos
tenus par le maire et son adjoint à l'urbanisme, affirmant que
tout cela n'est qu'une manoeuvre politicienne de la majorité
pour remettre en cause le travail réalisé par le précédent
conseil avec l'aval de toute la population, et qu'il est inadmissible
d'occasionner de nouvelles tracasseries aux caudaciens. Il ajoute que
la révision du P.O.S. avait été parfaitement réglée
par la précédente majorité et que rien ne pouvait
plus empêcher sa mise en application. Cette décision du
conseil n'est donc qu'une trahison, à des fins politiques, des
accords pris.
Le maire reprend la parole et confirme qu'effectivement la procédure
de révision du P.O.S. lancée par ses prédécesseurs
arrivait à son terme et qu'elle aurait effectivement dû
aboutir, mais que des éléments nouveaux d'importance,
d'ordre à remettre en cause la révision en cours, avaient
été donnés par des associations et que l'administration
avait jugé qu'il était préférable d'abandonner
la révision du P.O.S.. Qu'en conséquence, et conformément
à la loi S.R.U., il fallait que la commune établisse un
P.L.U. dans les meilleurs délais.
Toujours
côté Opposition,
C'est
alors Madame Boulet (ancien maire adjoint aux affaires sociales de la
majorité de droite - (?) - sortie en 1995) qui prend la parole
pour s'indigner de la décision du maire. En effet, elle est d'accord
pour que soit annulée la révision du P.O.S. lancée
par l'équipe municipale qui lui a succédée puisqu'elle
s'est toujours battue contre (sic), mais elle est fondamentalement opposée
à l'élaboration d'un P.L.U. qui ne sert à rien,
qui n'est qu'une invention du conseil municipal de gauche pour brouiller
l'esprit des caudaciens, et que la loi S.R.U. dont on lui parle depuis
le début de la séance n'est qu'une invention de la majorité
pour troubler le conseil car elle n'en a jamais entendu parler et, de
plus, on ne lui a pas joint copie de ce pseudo texte de loi avec les
éléments de convocation à ce conseil public.
Le maire et son adjoint à l'urbanisme tentèrent, mais
en vain, d'éclaircir l'embrouillamini de leurs propos, la majorité,
bien disciplinée, vota les propositions de délibération
manifestement sans rien avoir compris, et l'opposition s'abstint sans
rien avoir compris non plus.
Il
ressort de cette séance du conseil municipal du 22 mai 2001, qu'à
cette date aucun conseiller, pas même le maire, ne savait ce qu'est
un P.L.U. !...
Or,
nous rappellerons que toutes les listes en présence pour le scrutin
municipal de mars 2001 avaient fait du P.O.S. un de leurs chevaux de bataille
- la liste "Union des Caudaciens et des Caudaciennes pour leur ville
à la campagne", conduite par Monique Boulet, avait même
démarché à domicile les Caudaciens pour leur faire
signer une pétition contre le P.O.S. du maire sortant - et,
malgré cela, aucun des élus ne savait que depuis le 14 décembre
2000 la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 "relative
à la solidarité et au renouvellement urbain", dite
loi "S.R.U.", mais dite aussi depuis le début de la session
parlementaire 2000 "loi GAYSSOT" - et dont tous les médias
ont parlé - était promulguée au Journal Officiel
de la République Française !...
Il
est proprement scandaleux de voir que des individus qui se présentent
au suffrage de leurs concitoyens n'aient même pas la décence
de s'informer de l'évolution des lois qui régissent le devenir
de ceux qu'ils ont la prétention d'administrer !... Mais en ont-il
les capacités ?...
Nous
pouvons cependant espérer que se rapproche le temps où ils
regagneront la place qu'ils n'auraient jamais dû quitter, celle
où, au début du XXè siècle on les aurait cantonnés,
au fond de la classe, là où leurs ronflements se noieraient
avec les ronflements du poêle pour ne pas troubler ceux qui travaillent
!...
Mais
les Caudaciens ont le droit de savoir ce qui se cache derrière
cette transformation de P.O.S. en P.L.U..
En
fait, pour eux, rien de changé. Le P.L.U. est un document analogue
au P.O.S., il définit le zonage et la sectorisation de la ville,
ainsi que les règles d'urbanisme applicables à chaque quartier,
et y impose les mêmes contraintes.
Pour les habitants d'une ville, les conséquences de la mise en
application d'un P.L.U. sont les mêmes que pour un P.O.S., elles
peuvent amener les habitants d'un (ou de plusieurs) quartier dans l'obligation
de refaire leur toiture, de modifier l'aspect de leur façade, de
changer les clôtures, d'enterrer les réseaux, de supprimer
les antennes, etc...., comme cela aurait été le cas si Essor
Caudacien n'avait pas fait achopper la révision en cours du P.O.S.
(voir l'article, dans cette rubrique Urbanisme, "le P.O.S. dans votre
quartier"). Ils leur faut donc rester aussi vigilants lors de
l'élaboration d'un P.L.U. qu'il leur fallait l'être pour
l'élaboration d'un P.O.S. !...
Alors
à quoi bon changer d'appellation ?...
Tout
d'abord, parce que chez certains c'est la mode, et qu'il leur faut absolument
marquer leur passage par une loi pour ne pas être oubliés
par la Mémoire Collective sitôt la porte de leur ex-ministère
franchie.
Ensuite,
parce que si le P.L.U. ne présente pas de différences
notoires pour le citoyen, il est quelque peu différent de son
ancêtre (le P.O.S.) dans son élaboration.
Rappelons
qu'avant la loi susmentionnée, seules les communes qui le désiraient
établissaient un P.O.S. ; pour les autres, leur urbanisme restait
directement défini par le Code de l'Urbanisme, le Code de la Construction
et les différents codes annexes (Code Rural, Code des Forêts,
etc...).
La
Loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 "relative à
la solidarité et au renouvellement urbain", impose à
toutes les communes françaises, non dotée d'un P.O.S., d'établir
un P.L.U. avant le 31 décembre 2001 (date imposée dans le
texte même de la loi).
Concernant
les communes déjà dotées d'un P.O.S., plusieurs cas
sont prévus :
-
soit la commune a une révision de son P.O.S. en cours, mais cette
révision ne peut aboutir avant le 31 décembre 2001 (cas
de la nôtre), la révision doit être abrogée
et un P.L.U. doit être établi pour le 31 décembre
2001,
- soit la commune a une révision de son P.O.S. en cours et cette
révision est entérinée avant le 31 décembre
2001 (ce qui aurait dû être notre cas), le P.O.S. reste
en vigueur pour trois ans au terme desquels il doit être remplacé
par un P.L.U.,
- soit la commune est dotée d'un P.O.S. de plus de trois ans,
elle doit le remplacer par un P.L.U. pour le 31 décembre 2001,
- soit la commune est dotée d'un P.O.S. de moins de trois ans
d'âge, celui-ci devra être remplacé par un P.L.U.
à son troisième anniversaire.
En un mot, la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 "relative
à la solidarité et au renouvellement urbain", fait
qu'au 1er janvier 2004 il n'y aura plus que des P.L.U. !...
Quant
à l'élaboration d'un P.L.U., elle diffère de celle
d'un P.O.S., et l'on peut s'en réjouir si la loi est appliquée
dans sa lettre, sur plusieurs points importants.
Notamment,
les associations agréées, les personnes associées,
les institutionnels, les services annexes de l'Etat (DIREN, DRIAF, DRAC,
BF, etc ...) et les services spécialisés de l'Etat (DDE
entre autres, mais aussi conseils généraux et conseils
régionaux) doivent être associés aux travaux de
la commission municipale dès le début de l'élaboration
du P.L.U. (et non plus seulement après le vote du conseil sur
l'arrêt du projet). Par ailleurs, leur avis n'est plus seulement
consultatif, il est aussi délibératif, de sorte que les
services de l'Etat pourront à nouveau s'opposer aux "magouilles
urbanistiques" des élus sans être contraints de déposer
des recours auprès du Tribunal Administratif.
La
procédure d'élaboration du P.L.U. impose l'intégration
des schémas directeurs nationaux, régionaux et départementaux.
Plus question de "mordre" sur les zones protégées.
Les
communautés d'agglomération perdent de ce fait le plein
pouvoir qu'elles avaient sur les communes en matière d'urbanisme.
Il
serait ici trop long d'exposer dans le détail toutes les différences
entre un P.O.S. et un P.L.U., mais pour ceux que cela intéresse,
qu'ils sachent que ce sont principalement les articles 1 à 54 de
la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000 "relative à
la solidarité et au renouvellement urbain" (page 19777 à
19793 du Journal
Officiel) qui définissent le P.L.U.
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